Mais qui est Marine Le Pen (2/2) ?
18/12/2010 03:43 par dlr14ème_62
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Mais qui est Marine Le Pen (2/2) ?
18/12/2010 03:43 par dlr14ème_62
Pour moi, il restera toujours un « détail », qui n’en est pas un, entre le Front National et le reste de la classe politique. Mais la polémique actuelle amène à se pencher sur le sens des propos de Marine Le Pen, son programme et sa place dans la vie politique Française.
L’immigration comme leitmotiv
Plus globalement, ce premier grand dérapage de la fille de son père démontre que rien n’a changé sous le soleil frontiste. Comme d’habitude, l’immigré, surtout s’il est musulman, est l’ennemi national, celui qui est responsable des problèmes de la France, comme l’a très bien montré Reversus sur son blog, avec des parallèles aussi ridicules que « trois millions de chômeurs, ce sont trois millions d’immigrés de trop ». Je vous invite à lire également cet autre très bon papier sur le sujet.
Même s’il y a évidemment des abus de la part de certains immigrés, cela est vrai également pour des Français de souche. Et plus globalement, même si je crois qu’il est vain d’accueillir davantage d’immigrés en France du fait du climat économique actuel, il faut rappeler deux vérités souvent ignorées. La France est un des pays d’Europe où les flux migratoires sont les plus faibles. Ensuite, la contribution de l’immigration à l’économie est réelle, du fait d’une population plus jeune qui contribue à la richesse nationale.
Bien sûr, il y a sans doute proportionnellement plus de chômeurs et de délinquants dans la population immigrée, mais à titre personnel, j’y vois surtout des raisons sociales, à savoir que cette population, moins bien intégrée économiquement, le devient également socialement.
Le rejet de l’autre comme programme
Le Général de Gaulle disait que « le nationalisme, c’est la haine des autres, le patriotisme, c’est l’amour des siens ». Voilà un point de différence fondamental entre les gaullistes et l’extrême-droite (qui se sont toujours détestés, Tixier-Vignancourt appelant à voter François Mitterrand en 1965). Le FN, s’est construit dans la haine des autres, l’autre étant généralement l’immigré ou le musulman.
Par-delà la négation des apports de l’immigration à la France, grande nation intégratrice, le rejet de l’autre et les bouc-émissaires abusifs rattachent profondément le Front National à l’extrême-droite. Nous ne sommes pas en présence d’un parti lambda, mais bien d’un parti extrémiste et protestataire dont on peut même s’interroger sur sa réelle volonté d’accéder au pouvoir, tant son programme est irréaliste et incohérent. Qui voudrait confier les codes de l’arme nucléaire à un membre du FN ?
L’idiot utile du système
Malgré tout, j’arrive parfaitement à comprendre que l’on vote Front National. A première vue, il s’agit du vote le plus évident pour exprimer son opposition à la globalisation néolibérale que PS, UMP, Modem et Verts défendent et qu’une partie de la gauche de la gauche a de facto soutenu au gouvernement. C’est pour cela que le FN a conquis les classes populaires, premières victimes de cette globalisation.
Cependant, le FN existe depuis près de 40 ans. Dès lors, ses électeurs devraient se demander ce que leur vote leur a véritablement apporté. Le vote Front National, en stérilisant une partie importante des voix de l’opposition à l’UMP et au PS, a grandement compliqué l’émergence d’une véritable alternative. Et son registre protestataire et extrémiste le cantonne (heureusement) dans l’opposition.
Dès lors, le FN est devenu l’idiot utile du système, le parti qui permet de prolonger le duopole UMPS qu’il prétend dénoncer mais dont il est devenu le meilleur allié. Si le vote FN exprime une révolte contre le système, dans les faits, depuis près de 30 ans, il le prolonge. Et cela n’est pas près de changer car jamais une majorité de Français ne sera prête à élire un président issu de ce parti. A titre personnel, je n’hésiterai pas une seconde au second tour, même en cas de duel avec DSK.
Parce que le FN s’est construit sur le rejet de l’autre et des dérapages insupportables, il restera dans les franges de la vie politique. Ce n’est pas un accord sur des points précis de leur programme qui arrivera à changer ceci. En cela, voter FN, c’est freiner la construction d’une alternative à l’UMPS.
Laurent Pinsolle
Pour Jacques Delors, le peuple et la nation, c’est sale…
16/12/2010 00:42 par dlr14ème_62
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Pour Jacques Delors, le peuple et la nation, c’est sale…
16/12/2010 00:42 par dlr14ème_62
Le père de l’euro n’est pas content. L’ancien président de la commission européenne, auteur d’un rapport qui enfanta le traité de Maastricht vient de sévèrement tacler les dirigeants européens, qui ne seraient pas à la hauteur de la crise actuelle, dont il porte pourtant la responsabilité…
Delors contre Delors
Il y a quelque chose de tragi-comique à lire cette charge qui reproche aux Etats-membres de refuser les transferts de souveraineté que cette crise rendrait nécessaire. Car ce faisant, il admet que la construction qu’il a présidée et fait adopter est bancale et ne tient pas en l’état. Quelque part, le Jacques Delors de 2010 critique le projet du Jacques Delors de 1992 en affirmant que l’euro ne peut pas fonctionner avec les institutions qu’il avait lui-même élaborées...
Et quelle contradiction de le voir affirmer conjointement qu’il faut émettre des euro-obligations pour faire des grands travaux tout en sanctionnant les Etats dont le déficit est excessif d’une privation des fonds structurels ! Mais le comble est atteint quand il dénonce l’attitude de banques dont il a tant contribué à construire le pouvoir excessif, en promouvant la libre-circulation des capitaux ou « la concurrence libre et non faussée » qui a permis l’anarchie financière.
Un projet européen malhonnête et illusoire
Mais cette intervention présente un double intérêt. Tout d’abord elle démontre la malhonnêteté crasse de ce projet européen que dénoncent les opposants à Maastricht et à Lisbonne. En 1992, nous expliquions que l’euro était un projet politique plus qu’économique qui visait surtout à contraindre les Etats à construire une Europe plus fédérale. Les euros béats promettaient que non devant les caméras, même si quelques uns l’admettaient parfois en public. Nous y voilà aujourd’hui !
Un tel mode de fonctionnement est totalement inadmissible car il s’agit d’un grave déni de démocratie. Pire, ce déni est totalement inutile et illusoire. Ce ne sont pas des euro-obligations qui règleraient quoique ce soit. En quoi une nouvelle tranche de dette pourrait bien rassurer des investisseurs aujourd’hui inquiets du potentiel de croissance de l’Europe ? En outre, une avancée fédéraliste ne résoudra rien, comme le montre le cas de la Tchécoslovaquie, qui n’est jamais devenu une Zone Monétaire Optimale.
Merci à tout cas à Jacques Delors de montrer à la fois que cette construction européenne est mal conçue et ne peut pas fonctionner en l’état. Et merci également de montrer le fond de la pensée de ces dirigeants européens qui méprisent tant les nations et les peuples.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Mais qui est Marine Le Pen (1/2) ?
16/12/2010 00:38 par dlr14ème_62
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Mais qui est Marine Le Pen (1/2) ?
16/12/2010 00:38 par dlr14ème_62
Au moins, on pourra dire qu’elle arrive de mieux en mieux à faire parler d’elle. Sa déclaration assimilant les prières de musulmans dans les rues à l’Occupation est le buzz politique du moment. Mais au-delà, qu’est-ce qui se cache derrière la fille de Jean-Marie Le Pen ?
Un « story telling » bien conçu
Le moins que l’on puisse dire est que Marine Le Pen a bien travaillé le message qu’elle cherche à faire passer. L’objectif est clair : apparaître comme plus fréquentable que son père pour un jour accéder au pouvoir. Le fait d’être une femme jeune aide mais elle va au-delà.
Du coup, certains peuvent se demander si finalement, ce ne serait pas elle qui pourrait porter les couleurs de l’opposition à cette mondialisation qui provoque une grande régression sociale dans notre pays. Après tout, son audience est déjà très forte, son père a déjà été au second tour. Ne serait-elle pas le meilleur moyen pour certaines idées d’accéder rapidement au pouvoir ?
Sous le vernis, le brun
Mais cela reviendrait à considérer le FN comme un parti normal, ce qu’il n’est pas. Il a accueilli des personnes totalement infréquentables, néonazies et extrémistes de la pire espèce. J’ai encore gravé dans ma mémoire le souvenir d’un reportage glaçant d’Envoyé Spécial sur les jeunesses frontistes.
Et puis, Marine Le Pen est-elle réellement plus modérée ou cherche-t-elle simplement à le paraître pour élargir son électorat potentiel ? Elle a expliqué de manière très transparente en avril dernier sur Europe 1 que les « saillies » de son père pouvaient être contre-productives d’un point de vue médiatique et qu’il valait mieux adopter un discours plus policé pour pouvoir parler à des personnes qui n’auraient jamais voté Front National auparavant. Bref, le virage semble plus médiatique qu’idéologique.
Pire, dans cette interview, elle n’avait pas hésité à dire que les « saillies » de son père sur les chambres à gaz ou sur les fours crématoires « faisaient son charme » ! D’ailleurs, sur France 2, elle n’a fait que dire qu’elle n’avait pas la même vision, sans préciser laquelle, ce qui laisse une ambigüité bien peu ragoutante. Puisqu’elle est toujours interrogée sur le sujet, elle aurait pu dire que pour elle, la solution finale n’était pas un détail ou prendre un minimum de distance avec certains propos de son père.
Des prières dans la rue et de l’Occupation
Cette polémique peut paraître habile dans la mesure où notre nation très laïque ne peut guère apprécier l’utilisation de l’espace public pour une manifestation religieuse. Il faut tout de même noter que cela vient aussi du fait que les musulmans de France manquent d’espace pour prier.
Mais comment ne pas être mal à l’aise quand elle dit : « je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire. Certes y'a pas de blindés, y'a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même » ? Il n’y a quand même strictement aucun rapport entre l’Occupation de la France par les nazis et ce qu’elle dénonce.
Et c’est bien ce qui pose problème. Avec cette déclaration, qu’elle a confirmée, comme son père, Marine Le Pen trivialise et minore le nazisme et ses conséquences, ce qui est totalement inacceptable. Le parallèle n’est pas seulement faux et douteux, mais parce qu’il est répété dans l’histoire du FN, il dénote d’une forme de banalisation du nazisme qui est moralement extrêmement condamnable.
L’extermination des juifs par le régime nazi est une des pires, si ce n’est la pire, des abominations commises par l’homme. Parce qu’elle refuse de prendre une véritable distance avec ce « détail » qui n’en est pas un, Marine Le Pen reste dans la frange (pour ne pas dire la fange) infréquentable de notre classe politique.
Demain, « Mais qui est Marine Le Pen (2/2) ? »
Laurent Pinsolle
Sarko - DSK : l’affiche obligée de 2012 ?
10/12/2010 11:39 par dlr14ème_62
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Sarko - DSK : l’affiche obligée de 2012 ?
10/12/2010 11:39 par dlr14ème_62
On connaissait déjà la pensée unique, revenue en force voici quelques jours avec le titre du Monde annonçant « la rigueur unique » en Europe. On avait testé le choix unique en 2005, lorsqu’il était nécessaire de dire « Oui » au référendum sur la Constitution européenne sous peine d’être considéré comme un simple d’esprit. Voilà aujourd’hui le jeu unique, celui de la présidentielle 2012.
Il s’agit d’un dé à deux faces, offert gratuitement et quotidiennement aux futurs électeurs : pile c’est Sarkozy, face c’est DSK. Chacun devra l’avoir en poche (et en tête) jusqu’à l’échéance décisive, afin de ne pas se tromper et de ne pas s’égarer en cours de route. On peut l’offrir comme cadeau de Noël, c’est gratuit.
Dans sa dernière livraison, Le Point l’annonçait tout de go : « Sarkozy-DSK, le match a commencé ». Ah bon ? Depuis quand ? Qui en a décidé ainsi ? En vertu de quelles règles non écrites ? Le premier tour aurait-il déjà eu lieu dans l’indifférence générale ? Les citoyens de ce pays auraient-ils donc voté à l’insu de leur plein gré ? Foutaises et balivernes. La seule confrontation attendue est celle qui a été planifiée, organisée, décrétée par les médias, sur la base de ces sondages qui donnaient Edouard Balladur au deuxième tour de la présidentielle, en avril 1995, date à laquelle l’ex-Premier ministre ne passa pas la barre du premier tour.
Daniel Cohn-Bendit l’a dit haut et fort : lui aussi rêve d’un match DSK-Sarkozy pour la présidentielle 2012. Au passage, il savonne allègrement la planche d’Eva Joly avant même que la candidate écologiste présumée ait eu le temps de s’y installer. Passons. Au train où va la campagne en faveur d’un face à face DSK-Sarkozy, on peut même se demander s’il ne serait pas légitime de supprimer carrément le premier tour de la présidentielle pour ne garder que celui qui intéresse l’élite.
Les médias et les experts n’ont pas de mémoire. Sous prétexte de posséder une science qui leur permet de prédire l’avenir politique sans avoir besoin d’en passer par le choix du peuple, ils rejouent une comédie où tout est ficelé par avance. A quoi bon écouter ce que peuvent dire Jean-Luc Mélenchon et André Chassaigne (les deux frères ennemis du Front de gauche), François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan, Christine Boutin, ou d’autres ? Dès lors que certains ont décrété que tous ces candidat(e)s ne seraient pas au deuxième tour fatidique, leurs contributions idéologiques sont jugées nulles et non avenues. Les voix dissidentes sont systématiquement éliminées, afin de ne garder que les deux poulains de deux écuries supposées concurrentes.
La seule hypothèse recevable, c’est le « mano a mano Sarko/DSK ». L’avantage d’une telle confrontation, c’est qu’elle permet de rêver à un vrai-faux débat. Car enfin, entre l’actuel Président de la République et le chef du Fonds Monétaire International (FMI), où sont les vraies différences et les vraies oppositions ? Certes, l’un est de droite et l’autre de gauche. Et alors ? Une fois établi ce simple constat, que peut-on en conclure ? Qui peut dire que l’un est plus ou moins néolibéral que l’autre ? Et si oui, est-on sûr que le plus néolibéral des deux soit celui auquel certains pensent spontanément ?
En vérité, jouer le deuxième tour de la présidentielle de 2012 en décembre 2010 est une imposture intellectuelle doublée d’un déni de démocratie. Le citoyen normalement constitué se contrefout d’une échéance qui viendra en temps voulu, après un premier tour qui permettra d’évoquer les grandes questions qui se posent au pays (on peut toujours l’espérer) et d’où sortiront deux personnages entre lesquels il faudra choisir en fonction de leurs engagements d’alors.
Prétendre que l’élection présidentielle constitue la forme supérieure de la vie démocratique d’un pays, c’est une autre question. Mais de toute façon, on n’en est pas là. Évitons donc d’en faire l’unique paramètre de la vie publique, sauf à vouloir renforcer l’idée qu’entre l’élite et le peuple, il y a un gouffre.
Jack Dion
Discours de Nicolas Dupont-Aignan le 21 novembre 2010
10/12/2010 01:42 par dlr14ème_62
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Discours de Nicolas Dupont-Aignan le 21 novembre 2010
10/12/2010 01:42 par dlr14ème_62
En clôture du deuxième Congrès de Debout la République le 21 novembre 2010, Nicolas Dupont-Aignan a prononcé son premier discours de candidat à l'élection présidentielle devant plus de 1200 personnes à Paris.
Les chiffres imaginaires de Nicolas Sarkozy
10/12/2010 01:34 par dlr14ème_62
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Les chiffres imaginaires de Nicolas Sarkozy
10/12/2010 01:34 par dlr14ème_62
Nicolas Sarkozy a toujours été fâché avec la réalité chiffrée. Il travestit constamment la réalité pour la présenter sous un jour qui lui est plus favorable. Insécurité, nombre de participants aux meetings de campagnes, contrats signés à l’étranger. Le sérial menteur continue.
Qui a le plus gros contrat ?
C’est un des grands classiques de la communication élyséenne. A chaque tournée du président de la République, il faut annoncer les plus gros chiffres de contrats possibles, quitte à compter plusieurs fois les mêmes contrats, à prendre en compte des contrats non signés mais en cours de négociation. De Brasilia, où les ventes de Rafale ont finalement capoté, à Pékin, où il a récemment récidivé dans l’emphase chiffrée, Nicolas Sarkozy reste toujours un bonimenteur de première catégorie.
Tour de passe-passe sur les chiffres du chômage
Mais ce n’est pas tout, les petits arrangements du président avec les chiffres se retrouvent également dans le traitement comptable du chômage, comme le montre le blog Actuchômage sur Marianne 2. En effet, le gouvernement et le président ont fanfaronné après l’annonce du recul du nombre des demandeurs d’emploi en octobre. Mais si cette baisse est la conséquence de l’activisme de l’équipe au pouvoir, c’est surtout de son action en faveur des radiations des listes officielles…
En effet, les reprises d’emploi et les offres diminuent alors que les radiations administratives progressent (+5.5% en un mois, +14% en un an), de même que les cessations d’inscription pour défaut d’actualisation (+17% en un mois et +11% sur un an). Il faut noter que cette dernière catégorie représente 44% des sorties des demandeurs d’emplois ! Pire, le site de Pôle Emploi connaîtrait de nombreux problèmes. Bref, il semble que le traitement comptable soit la principale raison de la baisse d’octobre.
Il n’est pas anormal qu’une équipe au pouvoir cherche à présenter les chiffres sous leur meilleur jour. Mais Nicolas Sarkozy pousse le bouchon un peu loin en mentant de la sorte. Voici un bien curieux rapport à la réalité qui montre que le président a tendance à nous prendre pour des c…
Laurent Pinsolle
Il neige : et l'Ile-de-France est paralysée...
10/12/2010 01:24 par dlr14ème_62
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Il neige : et l'Ile-de-France est paralysée...
10/12/2010 01:24 par dlr14ème_62
Il neige et la région capitale de 11 millions d’habitants est paralysée.
Il va de soi qu’il est impossible de tout prévoir et que dans notre société tout aléa climatique surprend.
Pour autant, les dysfonctionnements qu’on a connus cette nuit ne sont pas acceptables. Ils prouvent la désorganisation et l’affaiblissement de l’Etat. Rien ne peut être fait sans un minimum de sens civique. Les habitants doivent déneiger le trottoir qui est devant chez eux, la municipalité doit s’occuper des voiries communales. Mais que faire lorsque l’Etat, la Région, le Département sont aux abonnés absents pour les voies les plus importantes ?
En vérité la disparition des DDE (Directions départementales de l’Equipement) se paye très cher aujourd’hui. Leurs moyens ont été transférés aux départements qui n’ont pas une vision d’ensemble nationale et régionale.
Et pour les grands axes d’Ile-de-France qui n’ont pas été transférés aux collectivités locales, les services de l’Etat sont totalement démunis. Le système d’informations des automobilistes n’a pas fonctionné correctement.
Il ne s’agit pas, bien évidemment, dans mon esprit de tout demander de l’Etat, mais il faut éviter, comme c’est le cas aujourd’hui, la dispersion des moyens, l’absence de coordination et d’informations.
A force de vouloir faire des économies partout et dans le désordre, on commence à s’apercevoir que cela va coûter très cher.
Comme toujours, en cas de coup dur, on redécouvre les vertus de l’Etat régalien !
NDA
La déliquescence de l’esprit public par Karim OUCHIKH
09/12/2010 10:26 par dlr14ème_62
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La déliquescence de l’esprit public par Karim OUCHIKH
09/12/2010 10:26 par dlr14ème_62
La vitalité démocratique d’une nation ne se mesure-t-elle pas, en un sens, en la capacité salutaire de son peuple à s’indigner lorsque des évènements, d’apparence anodine, en viennent à heurter singulièrement l’esprit public ? La réponse ne va pas de soi, en vérité, si l’on en juge en effet par les suites navrantes qui ont été réservées, en ce tout début du mois de décembre 2010, à deux nouvelles proprement stupéfiantes qui, l’une comme l’autre, paraissent avoir laissé de marbre l’opinion publique française.
Le Ministère de l’Intérieur et la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) viennent de signer une convention pour s’attaquer ensemble au racisme et à l’antisémitisme (Le Figaro, jeudi 2 décembre 2010). En appoint à la « formation à l’antiracisme » qui sera prochainement dispensée « dans les écoles de police et de gendarmerie », cet accord devrait conduire à la mise en œuvre prochaine d’une coopération renforcée avec la Licra avec, en ligne de mire, trois objectifs principaux : la « veille sur Internet» pour davantage réprimer les « dérives » sur la Toile ; la « lutte contre le racisme dans les stades » ; les « échanges de statistiques ». En pratique, chaque commissariat sera doté, dans l’immédiat, d’une documentation spécifique conçue par cette association. Dans la foulée, Brice Hortefeux se propose de créer un Observatoire consacré au racisme, dont les leviers de commande seront confiés, cette fois-ci, au Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) !
Nul ne s’émeut, nous semble-t-il, du choix discrétionnaire du Ministère de l’Intérieur de confier de la sorte à des associations soigneusement triées sur le volet le soin, qui n’a en soi rien d’illégitime, de lutter contre le racisme et l’antisémitisme, dans une perspective qui, en l’occurrence, conduirait toutefois à privatiser dans les faits une partie des attributions qui sont ordinairement confiées aux pouvoirs publics en matière de respect de l’ordre public. Quels sont les critères qui ont conduit à privilégier la Licra et le Cran dans le rôle de vigies officielles de la pensée, qui leur est ainsi solennellement conféré, plutôt que d’autres associations qui, du MRAP à SOS Racisme, se réclament pourtant des mêmes objectifs d’action ? Quel est le contenu de cette mystérieuse documentation qui sera demain élaborée par la Licra à destination des forces de l’ordre et quel en sera le degré d’autorité dans la répression des faits incriminés ? Quelles seront les attributions de ce futur et énième Observatoire consacré au racisme, dont on ignore parfaitement, pour l’heure, les modes de financement ? Comment seront élaborées ces statistiques communes et, dans leur traitement, quel est le sort qui en sera réservé ? Pourquoi ne pas avoir attendu de débattre devant le Parlement de tous ces sujets, essentiels au regard de la préservation de nos libertés publiques, à l’occasion du « plan national de lutte contre le racisme » qui sera arrêté à l’échéance du printemps prochain ?
Autant de questions préoccupantes qui interrogent, au fond, sur le devenir en France de la liberté d’expression dont l’usage effectif est sans cesse mis à l’épreuve avec l’émergence dans notre pays de restrictions à son libre exercice qui se multiplient abusivement depuis une quinzaine d’années, au point de faire peser désormais une menace réelle sur l’intégrité de cette liberté publique fondamentale.
Autre fait troublant. A plusieurs milliers de kilomètres de la Place Beauvau, Jean-François Copé vient de profiter d’un déplacement à Pékin pour relancer ces jours-ci les relations entre l’UMP et le Parti Communiste Chinois, deux mois après l’ahurissante signature par son prédécesseur, Xavier Bertrand, d’un mémorandum controversé entre le parti unique chinois et le parti présidentiel français (Le Figaro, jeudi 2 décembre 2010). Au menu de ces discussions, préparatoires à la visite d’une délégation de l’UMP programmée en Chine à l’horizon 2011 : l’intensification entre les deux formations politiques sœurs de relations fécondes qui doivent permettre, selon le tout nouveau secrétaire général de l’UMP, de mieux appréhender « les différences d’approche sur des problèmes comme celui de l’intégration des minorités, des religions et des libertés » !
On croit rêver ! Que l’UMP poursuive et structure un dialogue politique continu avec l’un des derniers partis uniques actuellement au pouvoir dans le monde, sans être autrement troublé par un quelconque état d’âme, en dit long sur l’état d’esprit actuel d’un parti présidentiel qui semble avoir passer par pertes et profits les atteintes innombrables aux libertés fondamentales dont, ces dernières années, la République Populaire de Chine s’est faîte ouvertement la championne toutes catégories. Si le principe intangible de la souveraineté des Etats qui impose assurément de ne pas s’ingérer, jusqu’à un certain point, dans la conduite des affaires intérieures des Etats souverains, est une réalité diplomatique constante qu’il appartient à la France d’observer scrupuleusement, y compris à l’égard de la Chine, n’en va-t-il pas autrement quand le face-à face considéré met aux prises une formation politique, fut-il le parti présidentiel, qui œuvre dans un Etat démocratique, comme peut l’être la France, à un parti qui évolue, à l’instar de la Chine, dans un système qui demeure foncièrement totalitaire, en dépit des ouvertures économiques de façade de Pékin ? Doit-on, une fois de plus, donner des gages politiques à un Etat qui ne cesse de jouer de sa puissance économique et financière pour intimider inlassablement les nations occidentales et, au premier rang de celles-ci, la France qui, pour notre infortune, est perçue par l’empire du Milieu comme le véritable talon d’Achille de l’Europe ?
En d’autres temps, de tels faits auraient offert matière, à coup sûr, à de mémorables polémiques, donnant lieu aussitôt à de saines et nobles querelles politiques. Aujourd’hui accueillis, dans l’agora politique, dans la plus parfaite indifférence, ces faits controversés révèlent indiscutablement dans notre pays, au mieux, l’attentisme d’une opinion publique française passablement anémiée, au pire, la déliquescence d’un esprit public aujourd’hui manifestement à la peine.
En considération du diagnostic qui doit être porté à chaque instant sur l’état de santé démocratique de la France, cette situation éminemment dommageable nous plonge, dans les deux cas, dans un abîme de perplexité.
Karim OUCHIKH
5 décembre 2010